Dans un monde, où l’obsolescence des connaissances est de plus en plus rapide, où chacun n’est presque plus que ce qu’il sait, où la maitrise du savoir, et de l’accès aux sources du savoir, est la principale source de richesse, la pertinence de la sélection du savoir nécessaire devient vitale. De même, apprendre à apprendre plus efficacement devient essentiel.

Et là, on n’en est qu’aux balbutiements : Il faut toujours un peu plus de deux milles heures pour apprendre une langue, même maternelle. Personne ne peut lire plus de cent mille mots à l’heure, même si beaucoup n’en lisent que cinq fois moins.

D’où l’importance cruciale des sciences du cerveau, qui vont permettre de comprendre les mécanismes de l’apprentissage, et des sciences de la pédagogie, qui devraient permettre de mettre en œuvre des techniques nouvelles. Sans doute aussi les sciences de la mémoire, savoirs oubliés depuis l’invention des caractères mobiles de l’imprimerie, et les méthodes de calcul mental seront utiles pour progresser.

Apprendre à classer, à hiérarchiser, à faire des ponts entre des savoirs, à utiliser les uns comme des métaphores des autres. Tant de choses à imaginer, tant de savoir sur le savoir à construire.

Jacques Attali