Et si la Terre était plate ?
Par valérie institut émergences, mardi 26 juin 2007 à 16:14 :: Philippe Bloch :: #2 :: rss
Par Philippe Bloch, serial entrepreneur et animateur des Grands Débats du Lundi sur BFM
Il y a bien longtemps qu’un ouvrage économique ne s’était vendu pas à 3 millions d’exemplaires aux Etats-Unis. En affirmant que la terre est plate, Thomas Friedman a donc réussi son coup, cinq siècles après l’astronome italien Galilée. Aucun doute à ses yeux : les nouvelles technologies ont éliminé tout obstacle à la mondialisation, désormais inévitable et qu’il faut apprivoiser plutôt que craindre.
Si la théorie de ce journaliste aguerri du New York Times a de quoi surprendre, elle ne manque pas d’intérêt, pour lui, les frontières géopolitiques et les barrières économiques du protectionnisme ou du repli sur soi ne sont que des murs de sable face à un ras-de-marée annoncé. Interrogé récemment par Les Echos, il multiplie les mises en garde : « Tout ce qui peut être fait le sera. Soit c’est vous qui le faites, soit cela se fera contre vous. » Et d’ajouter : « si vous croyez que tout ce qui peut être inventé existe déjà, inquiétez-vous. Mais sinon… ».
Bonne nouvelle ! Toute PME peut désormais s’ouvrir au monde, dès lors qu’elle possède la maîtrise des outils la rendant aussi agile que les multinationales, l’essentiel pour elle étant d’être capable de se réinventer en permanence. Combien d’entreprises et d’activités vont-elles pourtant disparaître sans que leurs acteurs aient jamais démérité, au seul prétexte que leurs produits ou leurs services ne répondent plus aux attentes et aux besoins de leurs clients ? Ou que l’air du temps ne leur est plus aussi favorable qu’autrefois ? Chacun de nous va être affecté de façon brutale, à plus ou moins court terme, par les révolutions en cours. Comment, dans ces conditions, miser sur le statu quo sans signer son arrêt de mort ? Dans un monde qui bouge à une telle vitesse, l’absence de flexibilité est l’assurance d’une disparition certaine.
On n’insistera jamais assez sur la capacité des entrepreneurs américains à se réinventer à chaque fois que c’est nécessaire. A repartir à l’aventure aussi souvent que l’exigent les circonstances. Quitte à se détourner sans états d’âme de ce qui a fait leurs succès précédents, ou à détruire ce qui n’a plus d’utilité à leurs yeux. La soif de découverte et la culture des pionniers ne sont jamais loin. Maurice Lévy ne dit pas autre chose, quand il affirme que « les organisations doivent être instables pour demeurer en mouvement. Quand les structures se cristallisent, se figent, quand il n’y a pas assez de rotation des hommes, elles deviennent très vite contre-productives, coûteuses, en retard sur l’innovation. » Et le président du directoire de Publicis Groupe de conseiller : « Il faut créer en permanence les conditions du mouvement. Ce n’est pas facile. Le dirigeant doit convaincre ses troupes qu’il est urgent d’évoluer, sinon personne ne bouge. Les gens n’aiment pas changer, car cela les conduit à repenser leur travail, leur carrière et leur façon de fonctionner. »
Bienvenue dans le monde plat !
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